Toulouse

Cancer du pancréas : le premier essai de thérapie génique

cytomegalovirus

Image d’illustration. Photo / CTI

Le premier essai de thérapie génique du genre pour soigner le cancer du pancréas chez l’homme a été conduit à Toulouse et les résultats prometteurs viennent d’être publiés dans la revue Molecular Therapy.

 

Le cancer du pancréas reste un problème majeur de santé publique et un défi médical. En effet, plus de trois quarts des patients décèdent au cours de l’année qui suit le diagnostic, et à peine 2% sont encore
en vie après 5 ans. Un essai de thérapie génique de phase 1 (premier essai chez l’homme) a été mené chez 22 patients atteints d’un cancer du pancréas entre 2010 et 2013 au CHU de Toulouse, promoteur de l’essai.

Le produit de thérapie génique est un « ADN médicament » associé à un produit synthétique qui permet à cet ADN de pénétrer dans les cellules cancéreuses. Il a été injecté à deux reprises à un mois d’intervalle, directement dans la tumeur pancréatique sous contrôle échoendoscopique. Cet ADN médicament porte trois gènes qui codent pour des protéines qui vont induire dans la tumeur primaire pancréatique
plusieurs effets en particulier anti-tumoral, anti-métastatique et augmenter la sensibilité à la
chimiothérapie. Cette chimiothérapie, à base de gemcitabine, est en effet administrée par voie
intraveineuse deux jours après l’injection intra-tumorale du produit de thérapie génique, puis toutes les semaines pendant les deux mois du protocole. Vingt-deux patients atteints de cancer du pancréas non
opérables et/ou avec métastases ont été inclus avec quatre sous-groupes recevant des doses
croissantes du produit de thérapie génique.

 

Des résultats prometteurs

Les résultats de cet essai de phase 1 font état d’une parfaite faisabilité de l’injection intra-tumorale
pancréatique sous échoendoscopie du produit de thérapie génique, de la très bonne tolérance (aucun effet indésirable n’a été observé chez les patients inclus) et d’une efficacité d’expression des gènes
thérapeutiques (mesurée dans la tumeur un mois après injection à la plus forte dose). Il n’y a eu aucun
effet thérapeutique chez les patients porteurs de métastases. En revanche, chez les patients porteurs
d’une tumeur localement avancée (non opérable et sans métastase), il n’est pas constaté de
progression métastatique à la fin du protocole. Les chiffres très intéressants de la survie sans
progression de la tumeur (près de 6 mois) et de la survie globale (plus de 12 mois) des patients justifient la poursuite du protocole dans ce sous-groupe.

Un protocole d’essai clinique de phase 2 (avec un plus grand nombre de patients), multicentrique
comparatif, dont le promoteur est le CHU de Toulouse en collaboration avec Invivogen, sera déposé à
l’automne 2015 auprès des instances réglementaires, avec espoir de débuter les inclusions en janvier
2016. Il est prévu de comparer les effets de l’injection du produit de thérapie génique couplée à la gemcitabine à ceux de la gemcitabine seule. Cela permettra d’évaluer l’efficacité réelle de cette nouvelle approche de thérapie génique du cancer du pancréas.

Source : L. Buscail et coll. First-in-man phase I clinical trial of gene therapy for advanced pancreatic
cancer: safety, biodistribution and preliminary clinical findings. Molecular Therapy, édition en ligne du 14 janvier 2015.



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